vendredi 27 mars 2009

mercredi 25 mars 2009

Je relaie ici un appel de Pierre Larrouturou, un article dans Le Monde.

Nous sommes en 1930. La crise a éclaté quelques mois plus tôt. Partout le chômage augmente mais rien d'irréversible ne s'est encore produit. Nulle part la crise sociale n'a encore débouché sur la barbarie. En 1930, dans son premier livre, Contribution aux Etats-Unis d'EuropePierre Mendès France écrit que, pour éviter le chaos, "une course de vitesse est engagée", et pour gagner cette course de vitesse, Mendès France affirme qu'il faut créer une monnaie unique européenne dotée d'une vraie gestion politique et investir sur le plan social les marges de manoeuvre créées par cette monnaie unique.

Monnaie unique. Gouvernement politique. Projet social. En 1930, un sursaut européen est possible car l'Allemagne est un pays démocratique. Hélas, Mendès n'est pas écouté et, trois ans plus tard, après l'arrivée au pouvoir de Hitler, plus personne ne propose un sursaut européen... En 1930, il était possible d'agir. Trois ans plus tard, il est trop tard.

Aujourd'hui, nous sommes en 1930. La bulle a éclaté. Partout la courbe du chômage s'affole. Nul ne peut plus nier l'extrême gravité de la crise, mais rien d'irréversible ne s'est encore produit. Comme en 1930, la cause profonde de la crise est avant tout sociale : dans tous les pays occidentaux, depuis le début des années 1980, chômage et précarité ont provoqué des déséquilibres sans précédent.

En vingt-cinq ans, en Europe et au Japon, la part des salaires dans le PIB a diminué de 11 %. Aux Etats-Unis, seuls les 5 % des personnes les plus riches ont vu leurs revenus augmenter depuis dix ans. Les autres ont vu leurs revenus stagner ou diminuer. Si la consommation a continué d'augmenter, c'est uniquement parce que l'on a poussé les classes moyennes et les pauvres à s'endetter. A s'endetter de façon insoutenable.

Comme en 1930, une course de vitesse est engagée. Pour trois raisons au moins. Premièrement, la situation sociale en Chine est totalement instable. Tous ceux qui ricanaient, en 2003, quand nous nous inquiétions du niveau de la dette privée aux Etats-Unis, ricanaient aussi quand nous soulignions la fragilité de la croissance chinoise. "Il n'y a aucun risque de récession aux Etats-Unis, affirmaient-ils. Et même si les Etats-Unis ralentissent, la Chine prendra le relais."

Le 2 février, le gouvernement chinois a annoncé que 20 millions de travailleurs migrants ont déjà perdu leur emploi à cause de la crise. En quelques mois seulement, 20 millions de nouveaux chômeurs ! En huit ans, la Chine a doublé son budget militaire et le 3 mars, le gouvernement a encore annoncé une augmentation de 15 % ! Si la situation se dégrade trop fortement, nul ne peut être certain que ce qui s'est passé en Allemagne entre 1933 et 1945 ne va pas se jouer à nouveau en Chine dans les vingt ans qui viennent, avec Taïwan ou le Tibet dans le rôle de l'Alsace-Lorraine.

Une course de vitesse est engagée aussi en Europe. Des milliers de jeunes étaient dans la rue à Athènes en novembre 2008 pour crier leur ras-le-bol du chômage et des petits boulots. En France, les émeutes de Guadeloupe rappellent celles de 2005 et expriment la même attente de dignité et de justice sociale. En Espagne, beaucoup s'inquiètent d'une possible explosion sociale si, comme l'annonce la Commission européenne, le chômage atteint en 2010 19 % de la population...

Tous nos pays sont dans une situation de tension extrême. Et nul ne sait ce que peut donner le ras-le-bol des classes moyennes, des précaires et des pauvres si nos élites sont incapables de construire très vite et de mettre en oeuvre une stratégie de sortie de crise.

Une course de vitesse est engagée pour une troisième raison : il ne faudrait pas que la gravité de la crise sociale nous fasse oublier la gravité de la crise climatique et de la crise alimentaire, que les milliards que l'on donne aux banques soient retirés des plans de lutte contre le dérèglement climatique ou de l'aide au développement.

Au bout de trente ans de fuite en avant, nous n'avons plus droit à l'erreur. Nous avons encore quelques marges de manoeuvre mais elles sont limitées. Que voulons-nous en faire ? Voulons-nous "relancer" un système à bout de souffle, socialement injuste et écologiquement intenable, ou voulons-nous utiliser ce qui nous reste de marges de manoeuvre pour construire une nouvelle société, plus juste et plus durable ? Il faut choisir.

Comme en 1930, nous sommes dans un moment où l'Histoire hésite. Ce moment où nul ne peut plus contester l'extrême gravité de la crise mais où rien d'irréversible ne s'est encore produit. Et comme en 1930, une partie des solutions est à construire au niveau européen.

J'étais à Madrid, le 1er et le 2 décembre 2008, au Congrès des socialistes européens. Tous, nous étions très émus de voir des femmes et des hommes venus des vingt-sept pays d'Europe se lever les uns après les autres pour soutenir le Manifesto rédigé sous la houlette de Poul Rasmussen, le président du Parti socialiste européen. C'était une première dans l'histoire de l'Europe.

Mais il faut aller plus loin. Plus vite. Tous ceux qui ont pris la parole à Madrid l'ont dit : l'adoption du Manifesto n'est qu'un premier pas. Il faut être plus ambitieux et plus concrets si l'on veut gagner la "course de vitesse". Voilà pourquoi, il y a quelques semaines, lors d'un face-à-face organisé à Bruxelles avec Poul Rasmussen, je lui ai proposé que les socialistes européens prennent une initiative historique.

Bretton Woods, en 1944, on a réuni économistes et dirigeants politiques pendant trois semaines. Trois semaines pour inventer les règles du jeu qui ont permis trente ans de stabilité et de prospérité. De même, j'ai proposé à Poul Rasmussen d'inviter les socialistes et les syndicats des pays d'Europe à se retrouver pendant trois semaines pour approfondir le Manifesto.

Trois semaines de travail pour éviter que la crise échappe à notre contrôle. Trois semaines pour apporter des solutions concrètes à la crise financière et, surtout, construire un nouveau pacte social. Est-ce trop demander ?

Nous devons nous laisser bousculer par la crise. Nous ne pouvons pas attendre que le système s'écroule pour nous donner les moyens (et donc le temps) de nous mettre sérieusement au travail.

Je renouvelle aujourd'hui mon appel : si nous voulons gagner la course de vitesse, si nous voulons gagner les élections européennes pour être en situation de négocier avec les Etats-Unis et la Chine un nouvel équilibre mondial, il est urgent de réunir les socialistes des vingt-sept pays pour muscler notre Manifesto. Poul, Martine, Jose-Luis, Elio et Frank-Walter qu'en pensez-vous ?


Pierre Larrouturou est économiste et ancien délégué national Europe du PS. Il publiera en avril "Crise : la solution interdite" chez Desclée de Brouwer. Ceux qui souhaitent soutenir cet appel peuvent le faire sur www.nouvellegauche.fr.

jeudi 19 mars 2009

Avignon, agression par des policiers contre un théâtreux, la suite !

C'est sur la Télé libre 
http://latelelibre.fr/index.php/2009/03/du-palais-des-papes-au-palais-de-justice/


OUTRAGE ABUSIF

Ce monde est bizarre. Un homme, Patrick Mohr, metteur en scène helvétique, se fait tabasser par la police pendant le festival d’Avignon, et il est accusé d’outrage. Il y perd sa dignité et se voit écrasé, on parle de “geste technique”.

A la barre, l’émotion le tord. Il sanglote un moment. L’auditoire se fait tout petit. Le président écoute. La procureur affiche une moue feinte de stupéfaction. « la partie civile » se contracte. L’avocat est attentif, ébouriffé comme des droits de l’homme sur la tête. Un homme avec un cœur d’enfant, un tribunal comme au théâtre, des personnages en noir et blanc et au milieu d’un monde en couleur, des journalistes, des policiers, des gens perdus au cours d’un autre procès.

La cour, levez vous. La justice passe, oui même vous qui étiez à terre, levez vous. Vous dites, que vous perdîtes votre honneur mais que n’eussiez vous pensé à lui écrasé sous trois uniformes, ou bien à poil dans le commissariat  quand l’indécent prolonge d’un doigt le regard cauteleux. La salle d’audience, la grand messe et les effets de manche, une procureure qui s’arrête en plein milieu de nulle part à cause d’un sourire, un avocat qui s’empêtre le verbe insignifiant, l’autre qui s’épanche, volubile et maitre de son art.

Qu’avez-vous à ajouter ? Ce monde est bizarre. Un homme souligne l’arbitraire, ce dernier lui dessine une cage, une clé au bras, la gueule sur le pavé, un genou sur sa tête. A ce moment là, vous révélez que vous souffrez mais vous avez dit « elle est belle la France de Sarkozy », mais moi je ne pense pas à Sarkozy quand je souffre. Venant de vous çà ne m’étonne pas madame.

Plus tard en garde à vue, il lui en restera celle de la merde, un étronc laissé là par un incontinent. L’homme est à la barre, il navigue dans son désespoir. La procureur lui dit que c’est une incompréhension, qu’il y a un fossé culturel entre la culture de la police et celle des hommes de théâtre…

Approchez, approchez vous, mesdames et messieurs, grande représentation, attention, ce soir un muscle et deux cerveaux contre des mots, rien que des mots, mais tout de même des mots. Ce soir des bleus, des bleus agités contre des bleus à l’âme. Il avait protesté contre la discrimination et on l’avait trainé en menottes l’helvète, le  trublion. En ce jour il avait réclamé réparation tandis que la force publique lui demandait du pognon. Les policiers qui ont porté plainte ne sont pas venu à la barre…

Philippe Maréchal
Montage: Lisa Pfeiffer

Retrouvez la lettre de Patrick Mohr sur ce site: http://reveilcitoyen.org/spip.php?article170

vendredi 6 mars 2009

À toutes les femmes, filles et infantes !





Quasimodo: 

Belle 
C'est un mot qu'on dirait inventé pour elle 
Quand elle danse et qu'elle met son corps à jour, tel 
Un oiseau qui étend ses ailes pour s'envoler 
Alors je sens l'enfer s'ouvrir sous mes pieds 

J'ai posé mes yeux sous sa robe de gitane 
A quoi me sert encore de prier Notre-Dame ? 
Quel 
Est celui qui lui jettera la première pierre ? 
Celui-là ne mérite pas d'être sur terre 

Ô Lucifer ! 
Oh ! Laisse-moi rien qu'une fois 
Glisser mes doigts dans les cheveux d'Esmeralda 

Frollo: 

Belle 
Est-ce le diable qui s'est incarné en elle 
Pour détourner mes yeux du Dieu éternel ? 
Qui a mis dans mon être ce désir charnel 
Pour m'empêcher de regarder vers le Ciel ? 

Elle porte en elle le péché originel 
La désirer fait-il de moi un criminel ? 
Celle 
Qu'on prenait pour une fille de joie, une fille de rien 
Semble soudain porter la croix du genre humain 

Ô Notre-Dame ! 
Oh ! laisse-moi rien qu'une fois 
Pousser la porte du jardin d'Esmeralda 

Phoebus: 

Belle 
Malgré ses grands yeux noirs qui vous ensorcellent 
La demoiselle serait-elle encore pucelle ? 
Quand ses mouvements me font voir monts et merveilles 
Sous son jupon aux couleurs de l'arc-en-ciel 

Ma dulcinée laissez-moi vous être infidèle 
Avant de vous avoir mené jusqu'à l'autel 
Quel 
Est l'homme qui détournerait son regard d'elle 
Sous peine d'être changé en statue de sel 

Ô Fleur-de-Lys 
Je ne suis pas homme de foi 
J'irai cueillir la fleur d'amour d'Esmeralda 

Les trois: 

J'ai posé mes yeux sous sa robe de gitane 
À quoi me sert encore de prier Notre-Dame 
Quel 
Est celui qui lui jettera la première pierre 
Celui-là ne mérite pas d'être sur terre 

Ô Lucifer ! 
Oh ! laisse-moi rien qu'une fois 
Glisser mes doigts dans les cheveux d'Esmeralda 
Esmeralda

mercredi 4 mars 2009

Oncle Bernard vous dit tout