mardi 25 octobre 2011

Salut Benoit !



Ce dimanche matin à 7 h 30, rentrant du marché, une voiture conduite par un jeune gars de 23 ans t'a renversé, tu n'as pas survécu à tes blessures.
Tu étais un ami, plus tu étais un grand ami, peintre, sculpteur, comédien, homme vivant et témoin de son siècle ; tu avais commencé le théâtre avec Jacques Copeau à La Comédie de Saint-Étienne il y a longtemps, tu avais 77 ans !
Tu étais devenu au fil des années une "institution" du théâtre où j'essaie d'œuvrer. Cette année-ci deux spectacles avec toi était programmés, un en janvier "Mémoires de zinc" par l'ami Alain avec (entre autres) le Vonvon, et un autre : "Baudelaire" début mars, spectacle pour lequel tu m'avais demandé d'assurer la mise en scène en plus de la régie son et lumière, ce spectacle n'aura pas lieu.
Trois jours plus tard, je suis toujours sous le choc et me sens comme orphelin.
Si tu croises le vieux barbu tout là-haut, pourras-tu — vieil anar. — lui dire plein de choses de ma part ?


Salut vieille branche ! 
Nous ? Ben, on continue…
(Que peut-on faire d'autre ?)


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Villeurbanne/Bron. Benoit Musy tué hier par une voiture, était peintre et comédien. Il préparait son prochain spectacle.

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Ses dernières pensées auront été pour Baudelaire, ce poète qu’il s’apprêtait à mettre en scène, « citoyen comme lui d’une patrie aux dimensions de l’âme et aux couleurs du rêve ». Quelques lignes dans la brochure du Carré 30, ce théâtre de la rue Pizay (Lyon 1 er) pour annoncer cette création prévue en mars. Baudelaire ne sera pas réincarné. Car Benoit Musy vient de mourir.
Benoit Musy est ce piéton renversé dimanche par une voiture, route de Genas à la limite de Villeurbanne, Lyon et Bron. Le septuagénaire n’a pas survécu à ses blessures, il est décédé dans la nuit de dimanche à lundi. Le créateur du Carré 30, Alain Deppe connaissait le comédien, depuis quinze ans. « Ce spectacle sur Baudelaire, Benoit y pensait sans cesse. Il me disait qu’il répétait son texte en marchant dans la rue. »
Dimanche, à 7 h 30, perdu dans ses pensées, il n’a pas vu les phares de la Clio qui l’a renversé alors qu’il traversait la route. Colette, sa compagne, l’attendait comme chaque dimanche matin, pour boire le café sous la véranda. « Il partait tôt faire son marché, sur la place de Grand-Clément. Il devait me ramener le pot-au-feu prévu pour le repas de midi ». Ce pot-au-feu, il l’avait promis à ses petits-enfants qui adoraient sa cuisine. Quand Colette a raccroché le téléphone à 8 h 30, elle a espéré un miracle puis su que le petit atelier de la rue des Pâquerettes resterait orphelin. Au fond du jardin, les tableaux de Benoit Musy accrochent la lumière. « C’était un poète des arts plastiques », soupire Alain Deppe. C’est en 1976, qu’il expose pour la première fois ses aquarelles. Le brancardier à l’hôpital neuro-cardio a deux passions : le théâtre et la peinture. Il plante son chevalet sur les marchés de Collioure ou les plages de la Côte d’Azur. Beaucoup de couleurs et de vie pour des scènes croquées sur le vif. Des sculptures aussi, tout en rondeur et en fil de fer. Dans un classeur, il conservait précieusement ses expositions : salon d’Automne, salon Regain à Lyon, Narbonne... Une fois en retraite, il revient à sa première passion : les planches. Le 18 octobre, il venait de commencer les répétitions de la dernière pièce d’Alain Deppe, « Mémoires de zinc ». Benoit Musy avait un fils, douze petits-enfants et une chatte qui, hier, le cherchait dans toute la maison.
Annie Demontfaucon



Des réactions d'ami(e)s réçues :


Angéla : 
"C'était un type sympa toujours partant pour jouer, aider, participer : il nous avait dépanné en 2004 en interprétant le rôle de Freud dans "Lou Salomé et les hommes de sa vie", rôle qu'il avait repris en 2007. Grâce à lui dans le rôle principal (celui d'un vieux monsieur communiste et lecteur de Flaubert qui triait ses papiers et dialoguait avec son petit fils ) j'avais pu monter mon adaptation du roman de Fabrice Vigne sous le titre "Marx, Flaubert et les icônes", spectacle que j'espérais reprendre mais c'est fini, il est irremplaçable dans ce rôle.  
En tant que peintre il a souvent participé aux décors au Carré 30, par exemple par ce grandes toiles évoquant l'eau pour Virginia Woolf, enfin il aimait dire des poèmes classiques ou facétieux et faisait partie des "printemps des poètes' annuels il préparait un spectacle sur Baudelaire qui devait se jouer en mars. C'est très triste mais il reste présent dans les nombreuses photos et les peintures que je possède de lui.
Adieu l'ami ! 

PtiTrésor : 
"C'est vraiment trop con. Putains de bagnoles, comme tu dis, qui nous enlèvent d'abord notre ami Cricri du Forum, et maintenant Benoît.
Courage. Je pense que le Carré 30 lui fera un bel hommage lors d'une soirée.
À bientôt,
Bizoux


Salut à toi Benoit,
Salut à toi l'artiste,
Nous avons souvent joué ensemble, je dis bien joué, comme jouent les enfants, c'est à dire très sérieusement et de tout notre cœur. D'autres ont dansé avec toi, d'autres encore ont côtoyé le peintre, le sculpteur, le plasticien, l'homme.
Tu t'es fait la belle un dimanche au petit matin, tel un toréro d'opérette.
Nous garderons le souvenir d'un homme généreux, souriant, toujours positif, parfois grognon, mais c'était pour de rire. Tu avais des projets plein la tête. Nous devions jouer ensemble d'ici quelques semaines dans une pièce écrite par Alain, tu aurais été un magnifique Mr. Louis. Un peu plus tard un Baudelaire en préparation... et sans doute d'autres idées encore.
Alors Merde Benoît, comme un soir de première, comme un soir de dernière. Merdre !
Tu seras avec nous sur la scène, chaque soirs.


    Jacques F. :
     "Cette disparition brutale me touche plus que je ne saurais dire. Merci pour ce bel hommage Angela. Les spectacles qu’il a joués au Carré 30 comptent parmi les grands moments marquants que j’ai vécus dans cette salle. L'homme était attachant, chaleureux, généreux. Il était venu voir l’an dernier mon spectacle L’homme-poubelle et, à l’issue de la représentation, il était venu me dire des choses adorables qui m’avaient été droit au coeur. Mes pensées affectueuses vont à ses proches.
    Nous ne t’oublierons pas Benoit. Jacques F.

    Fabrice Vigne : 
    "Je suis très triste. J'ai rencontré deux fois Benoît, d'abord en 2009 au
    Carré 30 où j'avais assisté, très ému, à son incarnation inspirée du
    personnage que j'avais imaginé, Maximilien, dans "les Giètes". Puis, l'an
    dernier au salon du livre de Sainyt-Etienne où il était venu me saluer
    très gentiment et m'avait dit "peut-être que nous allons reprendre ce
    spectacle..."
    La reprise n'aura pas lieu. Mes condoléances à ses proches, de sang ou
    d'art. Je lui rendrai hommage dès aujourd'hui sur mon blog"
    Fabrice Vigne


    Nathalie M. : 
    "C'est avec beaucoup de tristesse que j'apprends la nouvelle...
    Et pourtant je n'ai pas beaucoup connu Benoit...
    On s'est rencontrés autour d'Angela et Lionel pour la lecture du texte "Un destin de femme", de Fernand Reymond dans le cadre du philostival. Benoit était de l'aventure ! Plutôt discret, rêveur, et toujours de bon conseil, rassurant, attachant... Il me donnait l'impression d'être un sage !
    Je me joint à vous tous, et mes pensées vont à ses proches...
    Adieu Benoit

    Nathalie M.


    Georges D. : 
    "Benoit, que j'ai raccompagné en voiture deux fois après son spectacle. Un ami qui voulait du bien; aimable, souriant pour faire passer  muscade, certes un bon joueur qui jouait avec ironie pour gagner le bon plaisir qu'il aimait à partager. Bref, sans aucun doute, un véritable artiste, mais discret et persuadé de son jeu théâtral. Dommage qu'il ne nous ait pas laissé le temps de lui dire au revoir. Mes sincères condoléances à sa famille. 
    Georges D.

    Gilles D. : 
    "Salut Benoit tu as les yeux qui pétillent bon vent À plus tard !"
    Gilles

    Lorraine P. : 
    "Ce jeune homme malicieux, exubérant, généreux  et parfois bougon,manquera, naturellement à ses proches auxquels je pense, mais aussi à ses amis et connaissances de longue marche pour le partage des textes, parfois accompagnés de sa peinture.
    Adieu Benoit !"
    Lorraine P.


    Colette P. sa compagne :
    "Merci pour ces mots chaleureux ! Pour nos adieux à Benoit , une petite cérémonie est prévue vendredi 9h30 à la chapelle de l' hôpital Edouard Herriot
    Bonsoir Jean , je t'embrasse "
    Colette


    Article dans la revue de la MAPRA, Maison Des Arts Plastiques Rhône-Alpes.



    8 commentaires:

    Dagrouik a dit…

    saloperies de voitures ! ou de conducteurs qui roulent 2 fois trop vite.
    Courage grand ! et respect pour ce monsieur qui a donc passé sa vie a essayer de distraire de façon intelligente les autres ? Ce qui n'est pas le plus sôt des métiers loin de là.

    jeandelaxr a dit…

    Ben, en fait le gars ne roulait pas spécialement trop vite, c'est un bête accident trop con, routes mal foutues, etc.
    Et je pense à ce jeune mec qui aura toute sa vie ce souvenir, flippant-non ?

    jeandelaxr a dit…

    Pour nos adieux à Benoit, une petite cérémonie est prévue vendredi 9h30 à la chapelle de l'hôpital Edouard Herriot
    Message de Colette, sa compagne.

    Marco a dit…

    Joli hommage...
    J'ai vu le titre dans le journal sans pouvoir lire l'article, un bon pote à moi est à l'hopital Henry Gabrielle depuis 4 mois, renversé par un chauffard ivre et cammé... Il est en vie, miraculé, mais à quel prix.
    Putain de connerie humaine !

    jeandelaxr a dit…

    Salut Marco, pour info, mon grand-père, Pépé Jean, est mort comme ça, renversé par un camion, il a fait un bond de 15 m., le camionneur était pété, c'était en 1976, sur le quai à St-Rambert, le jour du mariage de ma sœur sa filleule… J'avais 15 ans !…

    Nicolas a dit…

    Bel hommage !

    Romain / Variae a dit…

    Courage et condoléances.

    jeandelaxr a dit…

    @Nicolas & @Romain, merci pour lui et merci pour les tweets !