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vendredi 26 juin 2015

Deux propositions pour @radioblogueurs

Pour commencer, cette trouvaille signalée par Jeff sur twitter, les marins de l'Hermione chantent à l'arrivée à Philadelphie.




Puis une curiosité, une vidéo réalisée par des graphistes musiciens qui nous montre, démontre et prouve le très grand génie de notre ami Jean-Sèbastien Bach.



Plus d'infos en anglais.

jeudi 19 février 2015

Ré-Horakhty !

La NSA, pour célébrer les 5 ans du Solar Dynamics Observatory (SDO), publie un time-lapse composé de plus de 200 millions de photos, capturées pendant 1826 jours et qui met en scène le soleil. 


Ré-Horakhty Seigneur de l'horizon, qui est le rayonnement qui vient de l'Aton ! 

(Prononcer Yatin )

Plus d'infos => Là.






mercredi 4 février 2015

La musique de π !

Un musicien, Michaël Blake a mis en musique ce nombre irrationnel et universel





D'autres vidéos avec explication là !

samedi 15 février 2014

La leçon de chant !



"Ha oui sous les pa les pa pa sous pa les pétu sous les palétuviers !"

Si tu peux chanter cette chanson, tu peux toutes les chanter ! Hu hu hu !

Après la leçon de musique, puis la leçon de théâtre

Et on laisse Copé et Morano à leurs bétises…

Nous avons d'autres importances dans la vie, non ?

Texte
(complexe)



[Pedro]:
L´amour, ce fruit défendu
Vous est donc inconnu?
Ah! Cela se peut-il,
Joli petit bourgeon d´avril?

[Honorine]:
Ah! Je ne l´ai jamais vu,
Jamais vu ni connu,
Mais mon cœur ingénu
Veut rattraper, vois-tu,
Tout le temps perdu!

[Pedro]:
Ah! Rien ne vaut pour s´aimer
Les grands palétuviers,
Chère petite chose!

[Honorine]:
Ah! Si les palétuviers,
Vous font tant frétiller,
Je veux bien essayer...

{Refrain:}
[Pedro]:
Ah! Viens sous les pa...

[Honorine]:
Je viens de ce pas,
Mais j´y vais pas à pas!

[Pedro]:
Ah! Suis-moi veux tu?...

[Honorine]:
J´ te suis, pas têtu´,
Sous les grands palétu...

[Pedro]:
Viens sans sourciller,
Allons gazouiller
Sous les palétuviers

[Honorine]:
Ah! Sous les papa papa
Sous les pa, les létu,
Sous les palétuviers...

[Pedro]:
Ah! Je te veux sous les pa,
Je te veux sous les lé,
Les palétuviers roses...

[Honorine][Pedro]:
Aimons-nous sous les palé,
Prends-moi sous les létu,
Aimons-nous sous l´évier!...

{Fin du Refrain}

{2ème couplet:}

[Pedro]:
Ah! Ton cœur me semble encor´
Hésiter cher trésor,
Mais je veux tout oser
Pour un p´tit, tout petit baiser!

[Honorine]:
Un vertige m´éblouit,
Un baiser c´est exquis!...
Même un p´tit tout petit,
Je crains d´être pour lui
L´objet du mépris!...

[Pedro]:
Non, le mépris, je t´en prie,
Ce n´est pas dans mes prix,
Car je suis pris, mignonne!...

[Honorine]:
Ah! mon coeur est aux abois,
Tu peux prendre ô mon roi,
Mon corps au fond des bois...

{au Refrain}

{3ème couplet:}

[Pedro]:
Près des arbres enchanteurs
Viens goûter les senteurs
Ce cocktail où se mêlent
Le gingembre avec la cannell´

[Honorine]:
Oui c´est l´effet du tropique
Qui me pique, pic, pic, pic...
Je sens les muscadiers,
Je sens les poivriers
Et les bananiers!...

[Pedro]:
Le parfum des néfliers
Et des doux pistachiers
N´ vaut pas l´étuvier tendre...

[Honorine]:
Tous ces arbres tropicaux
Vous incitent aux bécots,
Allons-y mon coco!...

{au Refrain}

Si je comprends bien
Tu me veux mon chien
Sous les grands palé...
Tu viens!...

jeudi 6 février 2014

C'est la Saint Charlot !










"Les renards ont leurs tanières, les oiseaux ont leurs nids, mais le fils de l'homme n'a pas d'endroit où poser sa tête !"

Et du Rimbe Arthur… :

Que parlais-je de main amie ! Un bel avantage, 
c'est que je puis rire des vieilles amours mensongères, 
et frapper de honte ces couples menteurs,
- j'ai vu l'enfer des femmes là-bas ; 
- et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps.

mardi 17 décembre 2013

lundi 9 décembre 2013

Invictus [ Invaincu ] !

Invictus de William Ernest Henley

Texte original 


Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate :
I am the captain of my soul.




Et en français.


Dans la nuit qui m'environne,
Dans les ténèbres qui m'enserrent,
Je loue les dieux qui me donnent
Une âme à la fois noble et fière.

Prisonnier de ma situation,
Je ne veux pas me rebeller.
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout, bien que blessé.

En ce lieu d'opprobre et de pleurs,
Je ne vois qu'horreur et ombres.
Les années s'annoncent sombres,
Mais je ne connaîtrai pas la peur.

Aussi étroit que soit le chemin,
Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme;
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme.




Cela me rappelle la litanie de Dune de Franck Herbert 



« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. 
La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. 
J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. 
Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. 
Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. 
Rien que moi. » 







jeudi 7 novembre 2013

La leçon de théâtre !

Camus 100 ans

Les présents sont éternels !

Êcoute le maitre Albert !



(Comprenne qui pourra ! )

Dans le silence !


Sire, Madame, Altesses Royales, Mesdames, Messieurs,

En recevant la distinction dont votre libre Académie a bien voulu m'honorer, ma gratitude était d'autant plus profonde que je mesurais à quel point cette récompense dépassait mes mérites personnels. Tout homme et, à plus forte raison, tout artiste, désire être reconnu. Je le désire aussi. Mais il ne m'a pas été possible d'apprendre votre décision sans comparer son retentissement à ce que je suis réellement. Comment un homme presque jeune, riche de ses seuls doutes et d'une œuvre encore en chantier, habitué à vivre dans la solitude du travail ou dans les retraites de l'amitié, n'aurait-il pas appris avec une sorte de panique un arrêt qui le portait d'un coup, seul et réduit à lui-même, au centre d'une lumière crue ? De quel cœur aussi pouvait-il recevoir cet honneur à l'heure où, en Europe, d'autres écrivains, parmi les plus grands, sont réduits au silence, et dans le temps même où sa terre natale connaît un malheur incessant ?
J'ai connu ce désarroi et ce trouble intérieur. Pour retrouver la paix, il m'a fallu, en somme, me mettre en règle avec un sort trop généreux. Et, puisque je ne pouvais m'égaler à lui en m'appuyant sur mes seuls mérites, je n'ai rien trouvé d'autre pour m'aider que ce qui m'a soutenu tout au long de ma vie, et dans les circonstances les plus contraires : l'idée que je me fais de mon art et du rôle de l'écrivain. Permettez seulement que, dans un sentiment de reconnaissance et d'amitié, je vous dise, aussi simplement que je le pourrai, quelle est cette idée.
Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n'ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S'il m'est nécessaire au contraire, c'est qu'il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L'art n'est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l'artiste à ne pas se séparer ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d'artiste parce qu'il se sentait différent apprend bien vite qu'il ne nourrira son art, et sa différence, qu'en avouant sa ressemblance avec tous. L'artiste se forge dans cet aller retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s'arracher. C'est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s'obligent à comprendre au lieu de juger. Et s'ils ont un parti à prendre en ce monde ce ne peut être que celui d'une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne règnera plus le juge, mais le créateur, qu'il soit travailleur ou intellectuel.
Le rôle de l'écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd'hui au service de ceux qui font l'histoire : il est au service de ceux qui la subissent. Ou sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d'hommes ne l'enlèveront pas à la solitude, même et surtout s'il consent à prendre leur pas. Mais le silence d'un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l'autre bout du monde, suffit à retirer l'écrivain de l'exil chaque fois, du moins, qu'il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence, et à le relayer pour le faire retentir par les moyens de l'art.
Aucun de nous n'est assez grand pour une pareille vocation. Mais dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s'exprimer, l'écrivain peut retrouver le sentiment d'une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu'il accepte, autant qu'il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d'hommes possible, elle ne peut s'accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s'enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l'on sait et la résistance à l'oppression.
Pendant plus de vingt ans d'une histoire démentielle, perdu sans secours, comme tous les hommes de mon âge, dans les convulsions du temps, j'ai été soutenu ainsi : par le sentiment obscur qu'écrire était aujourd'hui un honneur, parce que cet acte obligeait, et obligeait à ne pas écrire seulement. Il m'obligeait particulièrement à porter, tel que j'étais et selon mes forces, avec tous ceux qui vivaient la même histoire, le malheur et l'espérance que nous partagions. Ces hommes, nés au début de la première guerre mondiale, qui ont eu vingt ans au moment où s'installaient à la fois le pouvoir hitlérien et les premiers procès révolutionnaires, qui furent confrontés ensuite, pour parfaire leur éducation, à la guerre d'Espagne, à la deuxième guerre mondiale, à l'univers concentrationnaire, à l'Europe de la torture et des prisons, doivent aujourd'hui élever leurs fils et leurs œuvres dans un monde menacé de destruction nucléaire. Personne, je suppose, ne peut leur demander d'être optimistes. Et je suis même d'avis que nous devons comprendre, sans cesser de lutter contre eux, l'erreur de ceux qui, par une surenchère de désespoir, ont revendiqué le droit au déshonneur, et se sont rués dans les nihilismes de l'époque. Mais il reste que la plupart d'entre nous, dans mon pays et en Europe, ont refusé ce nihilisme et se sont mis à la recherche d'une légitimité. Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe, pour naître une seconde fois, et lutter ensuite, à visage découvert, contre l'instinct de mort à l'œuvre dans notre histoire.
Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d'une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd'hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l'intelligence s'est abaissée jusqu'à se faire la servante de la haine et de l'oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d'elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d'établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu'elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d'alliance. Il n'est pas sûr qu'elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que partout dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l'occasion, sait mourir sans haine pour lui. C'est elle qui mérite d'être saluée et encouragée partout où elle se trouve, et surtout là où elle se sacrifie. C'est sur elle, en tout cas, que, certain de votre accord profond, je voudrais reporter l'honneur que vous venez de me faire.
Du même coup, après avoir dit la noblesse du métier d'écrire, j'aurais remis l'écrivain à sa vraie place, n'ayant d'autres titres que ceux qu'il partage avec ses compagnons de lutte, vulnérable mais entêté, injuste et passionné de justice, construisant son œuvre sans honte ni orgueil à la vue de tous, sans cesse partagé entre la douleur et la beauté, et voué enfin à tirer de son être double les créations qu'il essaie obstinément d'édifier dans le mouvement destructeur de l'histoire. Qui, après cela, pourrait attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales ? La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu'exaltante. Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument, certains d'avance de nos défaillances sur un si long chemin. Quel écrivain, dès lors oserait, dans la bonne conscience, se faire prêcheur de vertu ? Quant à moi, il me faut dire une fois de plus que je ne suis rien de tout cela. Je n'ai jamais pu renoncer à la lumière, au bonheur d'être, à la vie libre où j'ai grandi. Mais bien que cette nostalgie explique beaucoup de mes erreurs et de mes fautes, elle m'a aidé sans doute à mieux comprendre mon métier, elle m'aide encore à me tenir, aveuglément, auprès de tous ces hommes silencieux qui ne supportent, dans le monde, la vie qui leur est faite que par le souvenir ou le retour de brefs et libres bonheurs.
Ramené ainsi à ce que je suis réellement, à mes limites, à mes dettes, comme à ma foi difficile, je me sens plus libre de vous montrer pour finir, l'étendue et la générosité de la distinction que vous venez de m'accorder, plus libre de vous dire aussi que je voudrais la recevoir comme un hommage rendu à tous ceux qui, partageant le même combat, n'en ont reçu aucun privilège, mais ont connu au contraire malheur et persécution. Il me restera alors à vous en remercier, du fond du cœur, et à vous faire publiquement, en témoignage personnel de gratitude, la même et ancienne promesse de fidélité que chaque artiste vrai, chaque jour, se fait à lui-même, dans le silence.

jeudi 24 octobre 2013

Le courage, la confiance et l'audace !


Ce jour, Ségolène Royal après avoir posé pour un photographe, laisse "passer" un jpg de son entretien pour un canard d'où s'extrait cette image. 
Vétue d'une robe blanche très simplifiée, elle tient le drapeau Français dirigé vers la gauche, le titre de l'article étant : "Osez, Monsieur le Président !

Certains, dans les rézos zosiaux ont raillé cette photo la traitant de ridicule.
Or, cette image n'est pas ridicule car elle est signifiante.

Toute image pouvant être ridiculisée, le ridicule n'existe que dans l'œil de celui qui regarde.

Souvenons-nous de la photo du Président Hollande dans le jardin de l`Êlysée par Raymond Depardon, et de bien d'autres photos, le "ségo-basching puis le hollando-basching seront toujours là…

"De l'audace, toujours de l'audace !"


Liberté, créativité…



Qu'a-t-on besoin, aujourd'hui en France ? 
De courage, de confiance dans la liberté et dans la créativité, et de l'audace, toujours de l'audace !


Ci-dessous, l'entretien au Parisien :

Interview au Parisien


Près de 8 Français sur 10 considèrent que les politiques ne sont pas courageux. Etes-vous d'accord ?

SEGOLENE ROYAL. Ce sondage intervient dans un contexte où la crise et les secousses de toute nature font douter de l'efficacité de l'action politique. Il confirme que le courage est pour les Français une vertu majeure en politique. Savoir prendre des décisions difficiles, au risque de n'être pas entendu par tous. Avoir le courage d'oser des réponses neuves quand les anciennes ne fonctionnent plus.

Comme vous, par exemple ?

Je n'aurais pas cette prétention mais on a souvent dit qu'en 2007, j'étais trop en avance sur l'époque. La France n'était pas encore prête à imaginer une femme Présidente de la République, même si des pays d'Amérique latine avaient déjà anticipé ce mouvement. Et puis, je défendais un certain nombre d'idées qui étaient anti-conformistes dans mon camp politique et qui ont, depuis, fait leur chemin : la sécurité, l'ordre juste, la Nation... Quand j'ai revendiqué, au nom de la gauche, le drapeau français à Marseille, j'ai été très durement critiquée par mes amis politiques. Pourtant, c'était courageux de le faire. Je savais que j'allais à contre-courant de l'idéologie dominante à gauche mais je sentais que j'étais en phase avec l'Histoire, avec ce qu'attendaient les Français, très attachés à la nation et à ses symboles républicains. Le courage, c'est aussi de rompre avec les conformismes de sa famille politique.

Faut-il plus de courage à une femme qu'à un homme pour s'engager en politique ?


Évidemment, oui. Ce qui est difficile, c'est d'assumer la durée de la vie politique. Il faut se relever à chaque fois que l'on trébuche. Le courage c'est, comme le disait Jaurès, de « ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions », de garder le cœur chaud et la tête froide, de ne pas lâcher son cap à la première déconvenue tout en ayant la lucidité de tirer les leçons des échecs.

Avez-vous connu des moments de découragement ?


Non, jamais. Il en faut plus pour m'abattre ! J'ai connu des chocs violents, encaissé des coups. Je suis tombée, je me suis posée des questions sur le sens de mon engagement, je me suis fait mal, je suis parfois restée un moment dans un état de stupéfaction, mais je n'ai jamais été découragée. Le courage en politique, c'est aussi de garder une part de gaieté dans l'adversité comme le recommandait Stéphane Hessel qui y voyait « la forme la plus aimable du courage ».

De Nathalie Kosciusko-Morizet et Rachida Dati à Cécilia Attias, les femmes de droite sont nombreuses à avoir salué votre courage. Y êtes-vous sensible ?


Bien sûr. Ce n'est pas un hasard si ce sont des femmes qui le disent. Elles savent les obstacles, les contraintes, les épreuves, les dénigrements que les femmes doivent surmonter dans la vie politique. Elles ne disent pas, comme certains hommes : « Sa candidature à la présidentielle était le produit des sondages ; elle est arrivée là par hasard... »

Nicolas Sarkozy est, aux yeux des Français, le président le plus courageux de ces 30 dernières années. Etes-vous d'accord ?


Ce n'est pas une qualité qui vient spontanément à l'esprit le concernant. Ce n'est pas parce qu'on est énergique qu'on est courageux. Le monde a subi, en 2008, la crise financière la plus violente qui ait existé depuis 1929, et qu'a fait Nicolas Sarkozy ? Il a renfloué les banques sans leur demander aucune contrepartie. Il aurait dû avoir le courage de dire aux banquiers : l'Etat vous remet à flot mais, en échange, il va entrer au capital des banques et nous allons dissocier les activités spéculatives des activités de prêt. Il ne l'a pas fait. Il a été complaisant face aux forces de l'argent. Il a manqué de discernement au moment le plus favorable pour imposer d'autres règles du jeu aux responsables de la crise. C'est une occasion ratée dont nous payons encore le prix.

Et François Hollande, est-il courageux ?


L'intervention au Mali est une décision courageuse. Tout comme les menaces de représailles à l'encontre de Bachar el-Assad après son utilisation des armes chimiques dans le conflit syrien. Ce n'est pas parce qu'on est isolé sur la scène internationale que l'on a tort ! L'histoire lui rendra justice, vous verrez, car c'est son initiative qui a fait bouger la diplomatie, qui a permis d'éviter la guerre, et rendu impossible une nouvelle attaque chimique.

Quelles décisions courageuses faudrait-il prendre aujourd'hui ?


Par exemple, fusionner les départements avec les régions afin de supprimer les doublons et de dépenser moins en dépensant plus efficacement. Ce serait aussi d'appliquer dès maintenant, sans attendre 2017, le non-cumul des mandats. Ce serait également d'aller au bout de la réforme bancaire dont la première étape a été réalisée. Le courage c'est de prendre le risque d'être toujours aux côtés de celles et ceux qui ne baissent pas les bras :

- entrepreneurs qui innovent et se battent,
- ouvrières et ouvriers qui défendent leur savoir faire et leur outil de travail,
- familles qui ne transigent pas sur le devoir d'éduquer,
- enseignants qui ne tiennent pas le droit au savoir pour un privilège de la naissance,
- jeunes dont le désir d'avenir doit être un guide pour l'action.

Vous citez, dans votre livre, une quinzaine de personnalités qui vous inspirent du courage. Si vous deviez n'en retenir qu'une...


La personne qui incarne le courage sous toutes ses formes -physique, psychologique, politique, historique-, c'est Nelson Mandela. Lui-même, pourtant, n'estimait pas être particulièrement courageux. Mais, alors qu'il aurait pu être libéré au bout de quinze ans de captivité en échange du renoncement à son combat politique, il a trouvé la force de dire non. Il a eu ce courage exceptionnel de sacrifier sa vie de famille et sa liberté pour une cause collective, une cause qu'il estimait plus grande que lui. Je crois, comme lui, qu'on ne naît pas courageux mais que l'on peut, lorsque les circonstances historiques l'exigent, se dépasser soi-même et faire preuve d'un courage dont on ne se savait pas capable.

Vous-même, peut-être ?


Je ne pourrais pas sacrifier ma famille. Je suis mère de famille avant d'être femme politique et j'ai toujours lutté pour concilier les deux. C'est aussi une forme de courage : il faut savoir équilibrer sa vie, à condition que les circonstances le permettent, pour ne pas sacrifier les siens à son engagement politique. Il faut avoir comme disait Rudyard Kipling dont on ne se lasse pas de relire le texte magnifique que je mets en ouverture de mon livre, il faut avoir le courage « d'être fort sans cesser d'être tendre ».

jeudi 6 juin 2013

Clément Méric !

Hier soir, à 18 heure, à Paris, un jeune étudiant est mort assassiné par des faschistes !
Le frappeur a pris le temps d'enfiler un poing américain avant de frapper, le jeune est tombé, son crâne fracassé par le coup, sa tête a heurté un poteau urbain, les témoins, à + de 50 mètres, ont entendu le boum du choc, l'enfant était mort 'cérébralement".
Il se nommait Clément Méric, né en Bretagne à Brest, étudiait à Sciences-Politiques à Paris, il avait 18 ans !