lundi 22 septembre 2008

le 21 septembre 2004…




Tu es l’auteur de cet aphorisme :”Le corps bronze et la matière grise."

Tu faisais avec les ordis des musiques et des photos. Tu  étais très doué pour les photos. Quant aux musiques, aujourd’hui, tu serais une star ! (J’ai conservé quelques enregistrements).

Tu as vécu chez moi quand les temps étaient mauvais. À l’époque, le RMI n’existait pas, la mairie nous donnait des “paniers”, la famille nous aidait comme elle (ils) pouvait, puis nous nous sommes séparés.
Moi, je suis parti vivre avec avec “Petit Trésor”, toi, tous seul, tu a emménagé dans un autre appart.
Et puis, la vie a fait qu’elle nous a séparé. Moi, je me suis Pacsé (on est même passé à la télé!) avec "Petit’Trésor".

Toi, tu es parti dans tes problèmes , dépression, alcoolisme, etc.
Tu as travaillé, geré, retravaillé ta misère intérieure et extérieure. Jusqu’au jour où je n'en pouvais plus, je t’ai viré du théâtre tant tu étais devenu : “Chiant”. Tu n’étais plus “fiable”…
La vie a continué. 

Tu as suivi des cures de désintoxications, des stages, des hospitalisations, nous tous, tes amis, la famille, les copains, assayons tous de “faire quelque chose”, mais plus le temps allait, plus vain nous paraissait cet effort.
Et tu as rencontré un salaud qui a profité de toi et de ta faiblesse. Il t’a volé, violenté, salopé.
Tu ne pouvais malheureusement plus répondre. Ton appartement brûlé, ton système numérique (ordi et appareil photo) volé, etc. Un soir, tu t’es même retrouvé enfermé dans un coffre de voiture…
Tu as fait une, puis deux tentatives de suicide, à chaque fois, les pompiers t’ont rattrapé.

Mais, au moment où, enfin, tout semblait aller mieux : (un copain t’avait hébergé à la campagne, et était disposé à  "être là pour toi" ), un matin, il t’a retrouvé, tel le rockeur moyen des années 70, noyé dans ton vomi, tu avais pris trois mois de traitement et trois litres de vin rouge. 

Tu n’as pas raté ta dernière tentative de suicide.
Cela s’est passé le 21 septembre 2004.

Le lendemain, c’était la crémaillère de mon nouvel appartement, j’ai maintenu les invitations.
J’ai tenu jusqu’à 23 h environ. Après, toutes les larmes de mon corps et de mon âme meurtrie sont parties…
Trois jours plus tard, après la petite cérémonie au crématorium communautaire, vers 19 h, accompagné d’une quinzaine d’amis et d’amies où nous avons dit des poèmes, j’ai versé tes cendres dans la Saône (selon tes volontés) à la pointe de l’Ile Barbe à Lyon.

Il y a très longtemps, tu m'avais dis que j’étais ton “Père spirituel” !

Je te pleure encore… 
                                  P'tit con…
                                                          Mon Cricri ! 
                                                                                           Christian, mon frère…

Que la Divine Mère te prenne en son sein 
comme une mère prend son enfant dans ses bras !!!






Puisque l'ombre gagne
Puisqu'il n'est pas de montagne
Au-delà des vents, plus haute que les marches de l'oubli
Puisqu'il faut apprendre
A défaut de le comprendre
A rêver nos désirs et vivre des ainsi-soit-il
Et puisque tu penses
Comme une intime évidence
Que parfois même tout donner n'est pas forcément suffire
Puisque c'est ailleurs
Qu'ira mieux battre ton coeur
Et puisque nous t'aimons trop pour te retenir
Puisque tu pars

Que les vents te mènent où d'autres âmes plus belles
Sauront t'aimer mieux que nous puisque
l'on ne peut t'aimer plus
Que la vie t'apprenne
Mais que tu restes le même
Si tu te trahissais, nous t'aurions tout à fait perdu
Garde cette chance

Que nous t'envions en silence
Cette force de penser que le plus beau
reste à venir
Et loin de nos villes
Comme octobre l'est d'avril
Sache qu'ici reste de toi
comme une empreinte
indélébile

Sans drame, sans larme
Pauvres et dérisoires armes
Parce qu'il est des douleurs,
qui ne pleurent qu'à l'intérieur
Puisque ta maison, aujourd'hui c'est l'horizon
Dans ton exil, essaie d'apprendre à revenir
Mais pas trop tard

Dans ton histoire, garde en mémoire
Notre au revoir, puisque tu pars

J'aurais pu fermer, oublier toutes ces portes
Tout quitter sur un simple geste,
mais tu ne l'as pas fait
J'aurais pu donner tant d'amour et tant de force
Mais tout ce que je pouvais,
ça n'était pas encore assez
Pas assez, pas assez, pas assez...

10 commentaires:

jeandelaxr a dit…

Tiens, les commentaires sont reviendus !
Merci Docteur NJ**** !

Ant. a dit…

Ouah coool, on peut raconter des bêtises alors ? Euh, p'tet aller lire l'article avant... :-) J'ai juste eu le temps de voir qu'il y avait une jolie photo.

Ant. a dit…

Euh a la lecture de l'article, on va éviter de raconter trop d'âneries.

Tu m'as ému.

jeandelaxr a dit…

Je dois une bière à NJ**** ! :O)

Monsieur Poireau a dit…

...
Pas grand chose à ajouter, respect...

Il y a des personnes tellement entières qu'elles refusent de se plier.

Nicolas a dit…

Je t'ai fait mon commentaire par mail : on a tous des "dates boulets"... moi c'est le 27 juillet...

OK pour les bières !

juillev a dit…

Quand l'automne vire au rouge...douleur
Amitiés

jeandelaxr a dit…

Salut Juillev !

Oh!91 a dit…

Poignant. J'en suis muet. Sauf que je crois comprendre pourquoi je ne me sépare pas d'avec mon "p'tit con"... J't'embrasse.

jeandelaxr a dit…

Merci Olivier, je t'embrasse aussi !